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La seconde profondeur. La traduction poétique et les poètes traducteurs en Europe au XXe siècle, Christine Lombez
Les Belles Lettres, Traductologiques
SKU : 9782251700076
Prix:
29.00 €De natura rerum: 1
Description
Les Belles Lettres, "Traductologiques", juin 2016
Pourquoi y-a-t-il tant de poètes qui traduisent et ont choisi avec une prédilection si marquée la traduction de poésie ? Personne n'a, jusqu'ici, abordé de manière aussi directe cette réalité incontestable. Rares en effet sont les poètes qui n'ont pas eu un rapport privilégié avec la traduction. Ce phénomène singulier est repérable, dans la littérature française aussi bien qu'européenne, depuis la Renaissance au moins.
Les exemples de poètes traducteurs sont significativement nombreux, de C Marot à P Jaccottet, en passant par J Du Bellay, N Boileau, J Dryden, C Baudelaire, P Valéry, G Ungaretti, B Pasternak, Y Bonnefoy, P Celan, pour ne retenir que quelques noms. La Seconde profondeur traite des liens unissant les poètes à la traduction et des motivations profondes qui les poussent à traduire d'autres alter ego en poésie.
Ce rapport subtil, ce voyage qui amène un poète à se glisser dans l'univers d'un autre en refaisant, par la traduction, son parcours d'écriture, est particulièrement révélateur d'une fraternité essentielle, d'une consubstantialité par-delà les langues et les siècles. En abordant le sujet des interactions sous-jacentes entre écriture et traduction poétiques, cet essai tente de cerner la place des poètes traducteurs dans l'horizon littéraire moderne et contemporain, et de faire face à une énigme qui fait entrer le lecteur au cœur même de la création esthétique.
Il redéfinit la spécificité des poètes-traducteurs dans l'Europe du XXe siècle à partir de la pratique de poètes traducteurs aussi bien français (P Jaccottet, Y Bonnefoy, A Guerne, A Robin, entre autres) qu'étrangers (R M Rilke, S Beckett, B Pasternak, M Tsvetaeva), dans une perspective à la fois descriptive et critique. Il s'interroge sur la prééminence des poètes dans le milieu de la traduction poétique, ainsi que sur l'importante marge de manœuvre dont ils semblent disposer en toute conscience, et souvent avec l'accord tacite du public.
Valeur ajoutée ou exception scandaleuse ? Voilà l'une des questions qui sera au cœur de cette réflexion. Eu égard au grand nombre de poètes traducteurs qui ont illustré l'art de la traduction poétique en France et en Europe au XXe siècle, une anthologie des propos de praticiens de la poésie et de la traduction vient en point d'orgue à une démarche qui conduit à comprendre que l'acte même de traduire est un des moteurs (pour ne pas dire l'aliment essentiel) de leur écriture poétique.
Sommaire
Avant-propos
Introduction
Traduire en poète. Les poètes traducteurs et la traduction poétique en Europe au XXe siècle
Quand les poètes traduisent d'autres poètes : portraits de traducteurs
« La vraie vérité est à côté de la vérité » : Pierre-Albert Birot et la traduction d'Homère en temps de guerre
Samuel Beckett, un poète-traducteur entre deux rives
Yves Bonnefoy et la traduction « au sens large »
Armel Guerne, un traducteur au purgatoire
Eugene Guillevic traducteur : quand impossible n'est pas poétique
Traduire : les « transactions secrètes » de Philippe Jaccottet
Boris Pasternak et la traduction, ou l'art de l’oblique
Jean Prévost, artisan de la traduction
Rainer Maria Rilke, traducteur de lui-même en langue française : autour des Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910-1925)
Armand Robin, « un étrange étranger », poète de toutes les langues
« Le labeur des énergies orchestrales de l’esprit. » Poésie et traduction chez Henri Thomas
« En torrents entiers » : Marina Tsvetaeva et la traduction d’A. Pouchkine en français
Conclusion
Les poètes traducteurs par eux-mêmes : anthologie de textes sur la traduction poétique
Bibliographie indicative